Conférences

Au Théâtre      vendredi 14 juin de 18h30 à 20h30      Deux conférences      entrée gratuite

La librairie Larcelet sera présente au théâtre pour proposer aux auditeurs les livres des conférenciers et peut-être les dédicacer.

Jean-Paul Thuillier

Latiniste, historien de l’Antiquité, étruscologue, conférencier féru de sport et sport étrusque, nous parlera de sa spécialité : le sport antique.

Les jeux du cirque en Étrurie et à Rome

Panem et circenses ! Si l’on répète à l’envi les mots de Juvénal, on se trompe en général sur le sens de l’expression « jeux du cirque » : il ne s’agit en rien des combats de gladiateurs, mais bien du spectacle sportif qui se déroulait dans le Grand Cirque de Rome et offrait des compétitions athlétiques et surtout hippiques. Ben Hur et non pas Spartacus. Et comme le sport antique est souvent identifié à la Grèce, en raison d’Olympie et du renouveau des jeux olympiques en 1896, on a aussi tendance à oublier que ce sont les Étrusques et non les Grecs qui ont le plus apporté aux Romains dans ce domaine : il était donc nécessaire de présenter ici diverses facettes du sport étrusque.
Les jeux du cirque sont un moment essentiel dans la société romaine et les courses de chars, qui par bien des côtés évoquent notre football contemporain, s’affirment d’une incroyable modernité : un spectacle planétaire déchaînant les passions dans tout l’Empire romain, un Grand Cirque pouvant accueillir 150 000 spectateurs, une organisation en quatre factions qui avaient  tout de nos grands clubs, enfin un culte de la vedette, les cochers de quadriges en l’occurrence, aux gains scandaleux, et qui étaient parfois transférés d’un club à un autre. « Allez les Rouges ! » criaient sur les gradins les supporters de cette couleur…

L’auteur et les éditeurs

Ancien membre de l’École française de Rome, membre de l’Institut d’études étrusques et italiques de Florence, Jean-Paul THUILLIER, né en 1943, a été professeur à l’université de Grenoble et a longtemps dirigé le département des Sciences de l’Antiquité à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm. Archéologue, latiniste et historien, il a écrit plusieurs ouvrages sur la civilisation étrusque et l’histoire du sport antique.

Éric Taladoire

Une conférence sur un sport non pas moderne mais plus proche de nous

Historien, archéologue mésoaméricaniste français. Il parlera d’un sport de balles pratiqué par les Aztèques, qui se jouait avec les pieds et les hanches, qui consistait à passer une balle dans un cerceau au centre du terrain et où il arrivait que le capitaine de l’équipe perdante soit sacrifié.

Les Terrains de jeu de balle

Mésoamérique et Sud-ouest des États-Unis

Il est convenu, encore à l’heure actuelle, de parler d’un jeu de balle mésoaméricain, antérieur à l’arrivée des Conquérants, et cela malgré l’abondance des données qui viennent contredire cette affirmation : lors du Congrès des Américanistes à Stuttgart, en 1968, S. F. de Borhegyi parle encore, dans sa communication, du “Precolumbian ball game – A Pan-Mesoamerican Tradition”. Or, bien avant cette date, on a pu identifier trois autres jeux de balle, dont les caractères sont, de façon ostensible, très distincts. Dès l’époque de la Conquête, Diego de Landa parle d’un jeu qui se pratique dans la maison commune de chaque village, au Yucatan. A Teotihuacan, A. Caso a montré l’existence d’un autre jeu, dépeint dans les fresques du Tlalocan à Tepantitla ; et, lors de ses fouilles à Dainzú, I. Bernai a mis à jour des dalles sculptées qui présentent une version pour le moins distincte, d’époque préclassique, du jeu le plus connu.

Il semblait donc nécessaire de diversifier les approches et de considérer les divers jeux de balle précolombiens. Bien plus, il est de tradition de mêler, au cours des travaux présentés, les données procédant de l’ethnohistoire (codices, lienzos, chroniques), valables pour les Aztèques ou les Mixtèques, essentiellement, avec celles d’ordre archéologique (les terrains), ou iconographiques (l’étude des sculptures, des os, des céramiques…) ou même ethnologiques. Il va de soi qu’une étude complète du sujet se doit de tenir compte de toutes les informations et les sources disponibles, mais chaque domaine mérite une analyse propre, avant que l’on puisse procéder à une synthèse qui, de toute manière, doit respecter la chronologie : des données utiles pour le jeu en période aztèque ne peuvent, de toute évidence, pas être transposées sans preuves dans le contexte de la civilisation maya.